Au doux temps de l’enfance
Sous couvert d’innocence,
J’ai cru tout’l’monde gentil,
Je virevoltais sans souci.
Je baignais dans le bonheur,
Loin du mal et du malheur,
Le soleil brillait ici :
Entre amis ou en famille.
Je rêvais d’amour toujours,
Sans soupçonner qu’alentour,
Il existait autre chose
Que mon univers rose.
Au tendre temps d’adolescence,
Sous prétexte de connaissance,
M’apparut la triste vérité
D’un monde plein d’ambiguïtés.
Je me complaisais dans le bonheur,
Loin des guerres et de leurs horreurs,
Je dissertais, âme fébrile,
Entre amis ou en famille.
Je rêvais argent, gloire, beauté,
Et un public prêt à m’écouter
Afin de hurler mes colères
A la face du froid univers.
Au temps sec de « ceux qui raisonnent »
Sous le nom de « grandes personnes »
En ce monde vénal, s’imposer
Prévaut jusque sur la loyauté.
Je m’accroche trop à mon bonheur,
Loin de tout menteur, de tout voleur :
Je vieillis, l’esprit tranquille,
Entre amis ou en famille.
Je rêve d’un Humain repenti,
D’une Humanité assagie,
Si le ciel c’était, justement,
L’univers révisé, Humainement ?
(« Sentiments et valeurs », Créé sur scène pa
la troupe tourangelle de Voix Croisées, 14.03.98)
