Voilà, les vacances de Toussaint arrivent et dès ce soir je ne viendrais plus ici. Je ne reviendrais que le 02 novembre. Alors, en guise de "cadeau des vacances", je vous livre un autre de mes poèmes.
Un jour, dans une autre vie, lors d'un de mes inombrables voyages en train, une petite fille capta mon attention. Elle s'admirait dans l'immense vitre, sur un décor vert camaïeu ; et tout en se mirant sous toutes les coutures, elle chantait, prenait la pose, une vraie diva !
Un peintre aurait prit son bloc à dessin, un crayon de bois et aurait croqué en quelques traits l'essentiel de cette scène adorable. Je n'ai pas ce talent. Alors, j'ai pris mon bloc de sténo, un stylo et j'ai taché de rendre en quelques lignes l'essentiel de cette scène adorable...
A une petite fille inconnue, d'environ sept ans il y a environ dix ans. Peut-être toi, si tu as entre 15 et 20 ans, et si tu prenais le train un jour d'été vers une destination que je ne me rappelle plus...
*Anne-Lise*
Anne-Lise se mire dans la glace,
Elle s’étudie, elle s’analyse ;
Sur la vitre aucune trace,
Sur elle le temps n’a pas de prise.
Anne-Lise chante ; nimbée de grâce,
Sa main droite devient micro,
Elle virevolte, sa voix éclate,
En des notes lancées trop haut.
Anne-Lise ne voit pas dans le miroir,
L’ombre tapie de la femme future
Qui sourira, emplie d’espoir,
Ou grimacera sous les blessures.
Elle ignore qu’elle jouera les belles
Pour séduire le prince charmant,
Qu’une psyché peut devenir cruelle
Sur une ride, un cheveu blanc.
(Paru dans la revue Florilège)
